Une plante au jardin puise ses nutriments sur une vaste étendue de sol. Une plante en pot dispose de quelques litres de terreau, et ses réserves s’épuisent en quelques mois. Passé ce délai, elle a besoin d’un apport. C’est le rôle de l’engrais.
Reste à savoir lequel, à quel moment, et comment. Cet article fait le tour de la question, et détaille les deux produits que nous développons à l’atelier : un thé de compost pour les racines, et un engrais à base d’algues pour le feuillage.
Avant d’ajouter un engrais : l’ordre des priorités
Un engrais est un complément, pas un remède. Une plante qui jaunit est bien plus souvent victime d’un excès d’eau ou d’un manque de lumière que d’une carence. Vérifiez dans cet ordre :
- La lumière — voir notre guide des niveaux de lumière.
- L’arrosage — voir quand arroser.
- Le substrat et l’eau, souvent calcaire — voir l’eau du robinet.
- Enfin la nutrition.
Nourrir une plante mal placée ou noyée ne fait qu’aggraver les choses.
Ce que contient un engrais
Les étiquettes affichent trois chiffres, l’équilibre N-P-K :
- L’azote (N) nourrit le feuillage et la croissance.
- Le phosphore (P) soutient les racines et la floraison.
- Le potassium (K) renforce la résistance générale de la plante.
S’y ajoutent des oligo-éléments (fer, magnésium, manganèse, zinc…), nécessaires en très petite quantité mais indispensables. Le fer, par exemple, peut être présent dans le substrat sans être utilisable par la plante quand le pH est trop élevé : c’est la chlorose ferrique, fréquente avec une eau dure.
Organique ou minéral ?
Un engrais minéral (de synthèse) apporte des nutriments immédiatement disponibles, en quantités précises. Son défaut : ce sont des sels. Un léger surdosage s’accumule dans le pot, brûle les racines et laisse une croûte blanche.
Un engrais organique (bio) fournit les nutriments sous une forme qui doit d’abord être transformée par les micro-organismes du substrat. Il agit donc plus progressivement, nourrit la vie du sol en même temps que la plante, et expose moins aux brûlures. En contrepartie, il est moins précis, et son efficacité dépend de l’activité biologique du substrat — donc de la température.
Aucun des deux n’est « meilleur » en soi. Mais pour des plantes qui vivent dans votre salon, avec un volume de terreau réduit, l’organique pardonne davantage.
Le thé de compost : nourrir les racines
Le thé de compost est une infusion de compost mûr dans l’eau. Il extrait les nutriments solubles du compost et une partie de ses micro-organismes. On l’apporte à l’arrosage, au pied de la plante : c’est un engrais racinaire.
Il apporte de la matière organique soluble, des nutriments et des micro-organismes utiles au substrat. Son effet est doux et s’inscrit dans la durée. C’est aussi ce qui sert à « charger » un biochar neuf avant de le mélanger à un terreau — voir notre article sur le biochar.
Notre thé de compost liquide est destiné à cet usage. C’est un produit vivant : conservez-le à l’abri de la chaleur et du soleil, et diluez-le dans l’eau d’arrosage : 8 pressions de pompe par litre, après avoir agité le flacon.
Les algues : soutenir le feuillage
Les extraits d’algues marines contiennent des oligo-éléments, des sucres, et diverses substances qui aident la plante à mieux encaisser les stress — chaleur, transplantation, variations de lumière. On les appelle des biostimulants.
Un point important : ils ne sont pas un repas complet. Leur teneur en azote, phosphore et potassium est faible. Ils complètent une nutrition de fond, ils ne la remplacent pas.
Notre engrais foliaire naturel aux algues est prêt à l’emploi et s’applique en vaporisation : c’est un engrais foliaire.
Racinaire ou foliaire ?
Les deux ne font pas le même travail.
- Le racinaire passe par l’arrosage et nourrit la plante par le substrat. C’est la base, l’apport de fond, dont l’effet est durable.
- Le foliaire est vaporisé sur les feuilles, qui l’absorbent directement. L’effet est rapide, mais court. Il sert de coup de pouce ou de correction d’une carence en oligo-éléments, pas de nourriture principale.
Les deux s’associent très bien : le thé de compost pour la base, les algues pour le feuillage.
Comment vaporiser un foliaire
- Tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil : les gouttes chauffent et brûlent le feuillage.
- Sur le dessus et le dessous des feuilles : c’est par le dessous que se trouvent la plupart des stomates, les petites ouvertures par lesquelles la plante absorbe.
- En fine brume, sur une plante en bonne santé, pas sur une plante desséchée ou en plein stress thermique.
- Évitez de mouiller les plantes à feuilles velues ou poudrées (violettes africaines, certaines succulentes) : elles tachent et supportent mal l’humidité sur le feuillage.
- Protégez les meubles : les produits d’origine naturelle peuvent laisser des traces.
Quand et à quelle fréquence
- Pendant la croissance, du printemps à la fin de l’été. Une plante en repos n’utilise pas ce qu’on lui donne.
- On arrête à l’automne. Comme nous l’expliquons dans notre guide d’automne et d’hiver, nourrir une plante qui ne pousse pas accumule des sels qui brûlent les racines.
- Petites doses, régulièrement, plutôt qu’une grosse dose rare. Suivez toujours la dilution indiquée par le fabricant, et en cas de doute, sous-dosez.
- Jamais sur un terreau sec : arrosez d’abord à l’eau claire.
- Pas sur une plante malade ou tout juste rempotée. Un terreau neuf contient déjà des nutriments : attendez quelques semaines.
Reconnaître un manque… ou un excès
Une carence
- Les vieilles feuilles pâlissent et jaunissent progressivement : souvent un manque d’azote.
- Les jeunes feuilles jaunes avec des nervures restées vertes : un manque de fer, très souvent lié au pH du substrat et au calcaire plus qu’à une absence réelle de fer.
- Une croissance lente et des feuilles petites, malgré une bonne lumière et un bon arrosage.
Un excès
- Des pointes de feuilles brunes et sèches.
- Une croûte blanche ou jaunâtre à la surface du terreau (ne la confondez pas avec le calcaire, qui ressemble beaucoup).
- Une plante qui flétrit alors que le terreau est humide : les racines sont brûlées.
En cas de surdosage, rincez le substrat : faites couler abondamment de l’eau tiède dans le pot et laissez tout s’écouler, à plusieurs reprises. Suspendez l’engrais pendant plusieurs semaines.
Selon le type de plante
- Plantes à feuillage (Monstera, Ficus, Philodendron, Pothos) : des apports réguliers pendant la croissance, avec un engrais riche en azote. Racinaire en base, foliaire en complément.
- Plantes à fleurs (Anthurium, Spathiphyllum) : un engrais un peu plus riche en phosphore et en potassium pendant la floraison.
- Cactus et succulentes : très peu, uniquement en période de croissance, à dose réduite. Elles vivent naturellement sur des sols pauvres.
- Bonsaï : un volume de substrat minuscule, donc une nutrition régulière et bien dosée. Notre engrais foliaire aux algues, prêt à l’emploi, convient aussi aux bonsaïs, en complément d’un apport au pied.
- Plantes carnivores : ne fertilisez jamais leur substrat, il les tue.
Les engrais organiques les plus courants
- Le compost et le thé de compost : un apport doux, qui nourrit aussi la vie du substrat.
- Le lombricompost (déjections de vers) : fin, riche et très doux pour les racines.
- Le frass d’insectes : riche en nutriments, sans l’odeur des engrais d’origine animale.
- Les extraits d’algues : des oligo-éléments et des biostimulants, en complément.
- Les engrais d’origine animale (guano, corne broyée, farine d’os) : efficaces, mais ils sentent fort. Mieux vaut les réserver aux plantes d’extérieur.
Marc de café, épluchures, eau de cuisson : ça marche ?
Ces astuces circulent beaucoup. La réalité est plus nuancée.
- Le marc de café posé sur le terreau moisit souvent. Mieux vaut le mettre dans un compost, en petites quantités.
- Des épluchures enfouies dans un pot pourrissent sur place et attirent les moucherons. Compostez-les d’abord.
- L’eau de cuisson des légumes, non salée et refroidie, ne fait pas de mal, mais elle apporte très peu.
Pourquoi pas un thé de compost fait maison ?
C’est possible, mais exigeant : il faut un compost parfaitement mûr, une eau non chlorée et une aération pendant la préparation. Mal préparé, un thé de compost peut favoriser des bactéries indésirables au lieu d’en apporter de bonnes. C’est un produit qu’il vaut mieux acheter auprès de quelqu’un qui le maîtrise, ou préparer avec rigueur.
D’autres options organiques
Le frass d’insectes est un autre engrais organique, riche en nutriments. Notre boutique propose un engrais naturel à base de frass pour les plantes d’intérieur et d’extérieur.
Les précautions
« Bio » ne veut pas dire sans risque. Rangez les engrais hors de portée des enfants et des animaux, lavez-vous les mains après usage, et ne mélangez jamais de vous-même plusieurs produits. Un produit vivant comme le thé de compost se conserve à l’abri de la chaleur et se consomme dans les délais indiqués.
Nos engrais et soins sont disponibles à l’atelier, 6 rue Zemmour à Rabat, et en ligne : engrais racinaire au thé de compost, engrais foliaire aux algues et savon noir pour plantes. Un doute sur le bon geste ? Apportez votre plante, on regarde ensemble.



